MONSIEUR LE PEN GUERRE D’ALGÉRIE 1953-1962

« Guerre d’Algérie : Jean-Marie Le Pen dénonce la décision de Macron de reconnaître la torture »

J’ai lu l’article de Jean-Marie Le Pen.

Je respecte cet homme, non pour ses opinions politiques qui ne sont pas les miennes, mais parce que, sachant qu’il ne pourra jamais achever le combat qu’il mène depuis soixante ans, il le poursuit… souvent comique, mais toujours avec sérieux.

Il appartient à cette race d’hommes, rares, qui s’animent dans la politique.

La question n’est pas de savoir si Monsieur Emanuel Macron a tort ou raison de présenter les « excuses de la France » à la famille de Maurice Audin.

Oublions que Monsieur Emanuel Macron soit le Président de cette France de 2018 qui n’a rien de plus commun avec la France des années 1954-1962. Il est un être humain, issu de l’éducation française, grandi auprès de parents, de professeurs qui lui ont enseigné les » valeurs de la France » … Monsieur Emanuel Macron est bien trop jeune pour savoir qu’autour de « valeurs de la France » les années 1950 (et non 1954) à 1970 (et non 1962) sont empreintes de trahisons, de lâchetés, d’intérêts personnels animés, tant dans le monde politique d’extrême droite que d’extrême gauche.

Monsieur Jean-Marie Le Pen vous étiez parachutiste de 1956 à 1957… courte période de référence pour un combat qui a duré sur le terrain … voulu par la France… du 1er novembre 1954 au 5 juillet 1962.

En 1956, alors que vous parcourez les rues d’Alger, de Gaulle, simple citoyen auréolé de sa prétendue victoire sur le nazisme disait au Roi du Maroc : « l’Algérie sera indépendante » … le 17 septembre 1957, ce même de Gaulle écrivait à un certain Gallice, éditeur de la « Jeune République », rue Bastide en Alger : « Continuez le combat. Je serai bientôt aux affaires et l’Algérie gagnera son indépendance ».

Les complices de de Gaulle s’appelaient : Guy Mollet, Maurois, Soustelle, Neuwirth, Maurice Torres, Grandval, Jean de Broglie, Jacques Chaban Delmas… les assassins de la Quatrième République.

Ces trahisons, Monsieur Jean-Marie Le Pen, ont fait 1 100 000 morts dans la population algérienne musulmane et 40 000 dans la population européenne.

La France n’a rien à voir dans ces massacres commis dans le seul but d’installer la Vème république… la République des « Rois ».

Pourquoi ne pas reconnaître que Massu, un autre complice de de Gaulle, envoyé en Algérie pour installer la PEUR et la guerre civile, est responsable des massacres dans la population algérienne : Mohammed, Ali, Maurice Audin, Maillot, Pietz, Devocar, Salah, Degueltre, Bastien Thierry… et la dizaine de Musulmans algériens rebelles guillotinés dans les prisons de France après la signature des « Accords d’Evian » et l’indépendance de l’Algérie… mis à la guillotine par de Gaulle et lâchement abandonnés à leur sort par leurs frères d’armes, complices de de Gaulle et installés aux commandes de ce merveilleux pays ALGERIE.

Pourquoi n’avoir pas traité avec Messali Hadj, Si Hassen ou Ferras Abbas qui, avant de sombrer dans la rébellion, ne demandaient que les mêmes droits pour les Algériens que pour les Français ?

La France, Monsieur Emanuel Macron, Vous Monsieur Le Pen, Moi (engagé dans cette monstruosité depuis le 13 juillet 1953… jusqu’au 16 août 1975 et après car la Vème république ne connaît pas le pardon pour avoir sombrer dans une rébellion d’opposition sous le pseudonyme de Nectar 4) devons nos excuses à 1 140 000 familles de morts … pour n’avoir pas su nous opposer aux mascarades honteuses de ces pantins de la politique.

Je voudrais dire encore un mot Monsieur Le Pen… pas à vous, car vous le savez : « L’OAS – Organisation Armée Secrète- n’appartient à aucune et n’a jamais appartenu à aucune organisation, parti politique et religion quels qu’ils soient. Nos armées étaient constituées de militaires, de civils, de Juifs, de Musulmans, d’Européens et de Français… notre ennemi était cette nouvelle république. C’est vrai, nous avons eu des contacts avec certains des politiciens de cette république… pour éviter des exécutions, pour obtenir en 1968 une amnistie qui rendrait aux familles 6 000 détenus … c’est vrai, nous avons eu des contacts avec Camus, Ferrat Abbas, Messali Hadj, Farres…. pour faire que les massacres cessent au niveau des populations… pour faire que le F.L.N nous reconnaissent et nous imposent aux accords d’Evian… refus catégorique de de Gaulle.

Le dernier homme politique avec qui j’ai conversé avant de rejoindre, sous lettre de cachet les prisons de la république de de Gaulle, s’appelait Gaston Monnerville, Président du Sénat… trois heures d’entretien dans son bureau. Je vous rapporte certaines de ses paroles : « Je suis Président du Sénat… moi, Noir. Il (de Gaulle) ne voulait pas d’un Juif… puis, dans un grand éclat de rire : il ignore que ma mère est une Juive. » « L’Algérie : foutre la pagaille était son seul moyen de revenir au pouvoir… et l’indépendance de l’Algérie évitera, pour lui, qu’une « gandoura » ne salisse le fauteuil de l’Élysée ».

J’étais en civil dans le bureau de Monsieur le Président Monnerville. Après trois heures, je me suis levé pour prendre congé. Il m’a raccompagné jusque sur le perron, sortie jardin du Luxembourg. Il a demandé aux gendarmes de service de me présenter les armes.

Je suis là, comme Monsieur Le Pen, j’attends la mort… mais je veux la vérité historique.
Je veux me joindre à Emanuel Macron, à la France : « Dors en paix Maurice Audin. Comme ces 1 140 000 morts, tu es la victime de cette folie du pouvoir, des honneurs et de l’argent. Mais j’aimerais que, comme moi, le Président Macron demande pardon, sans distinction de sang, de couleur, d’idées, à toutes les victimes de cette folie… sans qu’il nous soit utile de revoir la CROIX DE LORRAINE sur la vitrine de l’Elysée.